L’abandon, une forme de la dépendance affective.(2/4)

La dépendance affective revêt plusieurs formes. Elles sont généralement liées entre elles et ont des conséquences similaires.

La non-responsabilité:

Premièrement, la personne dépendante affective a l’habitude d’être prise en main dans tous les domaines. Dans le milieu professionnel elle fera les choix pour plaire à sa famille. Professionnellement, elle n’ira pas chercher bien loin, ses relations non plus. Piston, on lui trouve son boulot, on lui trouve tout ce qui fera sa vie. A aucun moment elle prend la responsabilité de son existence, de sa construction de vie pour toucher à la vérité d’elle même. Alors imaginez bien sa responsabilité émotionnelle. Elle n’assumera pas ce qui l’anime vraiment de peur de perdre l’amour de sa communauté, de sa famille, au détriment même des manifestations de son inconscient. Pour conclure cette forme de dépendance affective est liée à la maturité.

Exemple:

Elle aura de bonnes idées d’émancipation annihilées par le premier « oui mais » de son entourage. Car la personne dépendante affective n’a pas confiance en elle et préférera retomber dans ses travers et reprendre le rôle que l’on lui a donné, même si ça ne convient pas vraiment au fond d’elle. Elle endossera le rôle qui n’est pas le sien, confidente de ses parents, médiateurs, car elle a été habitué à avoir ce rôle (sauveur) dans ses relations, n’arrivant pas à définir ses limites et celles des autres.

Un désir d’émancipation inconsciente pourrait s’amorcer dans le désir de vouloir couper avec son milieu familiale ou sociale. Cela peut prendre bien des formes, un nouvel emploie, des études dans une autre région, des voyages seuls, un emploie aux antipodes du souhait de l’environnement familiale etc…

Le confort nous coupe de notre vérité !

signé l’oiseau tombé du nid

Donc, ce désir traduit le fait de vouloir exister autrement, comme une intuition… Une occasion de pouvoir se connaitre, connaitre d’autres personnes, d’autres façons de réfléchir. Un tâtonnement semblable à la première fois que l’enfant se regarde dans le miroir. Elle pourra y développer des relations qui sont plus en accords avec elle même et avoir l’espace nécessaire à la découverte de soi, de sa vérité et de ses désirs profonds. Si tant est que les mécanismes de défenses et les bénéfices secondaires liés à la dépendance affective ne la rappelle à l’ordre et ne la renvoie d’ou elle est venue: le confort.

Le transfert :

Une personne dépendante affective ne sait pas vivre ses deuils ou sa solitude, car elles requièrent une stabilité émotionnelle. Dans ce cas, la personne n’ayant jamais appris à être seule, vivre seule (sans télé ! hein!), pourra, dans ce moment charnière, choisir de sortir de son confort et prendre les décisions pour aller vers elle, ou continuer avec la même tonalité vibratoire du manque…

Alors pourquoi transfert, me direz vous ?

Car lors d’une rupture, d’un deuil d’une personne, d’une expérience intense, lorsque cela se termine, notre blessure d’abandon se réactive.

Si la relation précédente vous a marqué mais qu’à un certain moment vous vous êtes senti mal aimé, vous ne vous sentiez pas valorisé. De surcroît, vous n’avez pas pu ou su exprimer à ce partenaire vos besoins. En conséquence vous ayez bloqué ces énergies, elles sont devenus des frustrations car vous ne vous êtes pas donné les moyens de vivre la relation pleinement (dans votre vérité par peur de perdre cette personne ou parce que vous vous sentiez en insécurité émotionnelle). Aussi cette personne est devenue froide lors de votre relation et vous auriez voulu qu’elle se livre à vous entièrement( combler votre insécurité), vous n’avez pu l’emmener vers vous. Les causes de frustrations sont nombreuses si elles ne sont pas expliquées de manière claire.

Par ailleurs, toutes ces frustrations et ces blocages peuvent se manifester par l’inconscient, le corps ou même par une jalousie maladive lors de la relation. En gros vous avez pris sur vous !!

Toute énergie (ou émotions) à besoin d’être libérée: à votre avis cette énergie bloquée après une rupture, elle s’évacue comment à votre avis ? Car oui toute énergie bloquée trouve le moyen de s’évacuer. Eh oui… Dans la rencontre d’une nouvelle relation.

Voyez une peu le tableau de ce cocktail super explosif:

Vous êtes dans la tristesse, vous vivez un moment charnière, d’instabilité. Vous êtes dépendants affectifs, et vous êtes physiquement et chimiquement en manque (chute d’hormone: phénylalanine (présent dans le chocolat, tiens donc), ocytocine et dopamine). Ocytocine et dopamine(hormones de l’attachement), qui remontent lors de l’ivresse. Alors comprenez vous pourquoi nous avons tendance à augmenter notre consommation d’alcool lors de ces moments? On veut notre dose d’hormones (que l’on avait l’habitude d’avoir) qui rend heureux, surtout pendant les périodes de deuil et de tristesse.

De plus, cela à un double impact négatif:

Cette consommation excessive nous coupe de nos réelles émotions, nous empêchant de pouvoir les vivres pleinement et trouver une voie pour avancer vers soi.

Mais aussi nous envoie vers une fausse sensation de bien être et nous désinhibe.

De quoi à votre avis ? Bingo! Des énergies bloquées précédemment ! Upload check ! Le transfert peut s’opérer vers une autre personne nous montrant une tant soit peu d’attention ou ayant la même vibration de manque !

Alors celui devient non seulement le catalyseur de nos émotions, mais aussi … le sauveur (adieu tristesse) !!! Feu d’artifice pour les dépendants affectifs.

Autant vous dire que la libération est à la hauteur de la frustration vécue.

Voila, le film de notre enfance se rejoue, l’un décharge ses frustrations, ses émotions et ses énergies sur le sauveur qui n’aborde que ces relations en tant que tel. Go go se dessine le jolie triangle de Karpman !

La preuve de ce transfert? C’est simple, alors que l’on est encore imprégné par l’objet et la source de ces frustrations (ancienne relation),elles seront toujours présentes là ou elles devraient être absente(de la nouvelle relation). Cela se définit par des photos de l’ex resté dans le portefeuille, on parle un peu trop de lui, inconsciemment on fait participer l’autre (témoin) à sa nouvelle relation.

Dès lors la nouvelle relation revêt une « fonction »

En conclusion, cette forme de dépendance affective est lié à la stabilité émotionnelle.

Relation fonction:

Votre avenir est brouillé et vous ne savez pas trop ou vous allez, vous êtes déstabilisé et dans l’antichambre de votre vie future. Vous n’avez pas encore digéré vos expériences passées. Vous vivez des moments de deuil de projets que vous auriez planifié à seul ou à deux. Il s’agit alors de s’inviter (et non s’inventer), de se réinviter pour tirer parti de son passé … Mais là vous êtes seulement dans les émotions désagréables et c’est dur, vous le voyez comme un combat au lieu d’une acceptation et tout est prétexte à vous détournez de celle-ci: environnement social et familial. Alors vous revêtez le masque de la bonne personne forte gardant le sourire, eh oui c’est pas feng shui d’avoir la bouche à l’envers.

Pour peu que l’on évolue dans un environnement qui nous demande la posture du maître zen éclairé où afficher des émotions désagréables est mal perçu (colère et tristesse), vous devenez une bombe de contrôle.

Et là surgit de l’abîme avec son beau destrier blanc le/la prince/princesse avec son life style qui déchire!!

Par conséquent vous vous imaginez vivre la vie qu il/elle vous propose, ou juste quelque chose de connus, très bien pour votre confort.

Diantre cela m’enlève une belle épine du pied, j’étais dans le noir et voila que l’on me propose une vie clés en main dans laquelle je continuerai d’avoir la sécurité que je ne me donne pas, une vie de non choix. Et au diable les projets qui résonnaient en moi.

Cela aussi peut être valable pour une fin de relation. Nous ne sommes pas heureux en relation, notre couple s’est délité, des frustrations et des non dits sur nos besoins sont mis sous cloche. On n’envisage pas de se séparer, pas le courage… Faire face à une insécurité sociale, émotionnelle voir financière ferait une bonne pub pour un tour opérator  « voyage vers l’enfer! »…

Alors, on se contente de. pour préserver au moins ça, préserver son image, prendre la responsabilité pour d’autres sans la responsabilité primordiale: celle de soi. Mais voilà qu’a ce moment là une personne qui répond à tout les manques de votre relation et qui en plus peut prendre en charge vos insécurités surgit. Il y aura des dégâts certes mais bien moindres que si vous aviez l’occasion de partir seul. Le courage de deux personnes valant mieux qu’une. A aucun moment vous vous laissez le champ libre pour construire en rapport avec vous et vous seul. Afin de vous combler et de vous nourrir vous même. Car développer des routines pour votre équilibre, vous ouvrir à des passions pour certaines choses vous aident à être autonome !

Et ainsi permettre d’accueillir une personne dans votre vérité et attirer à vous quelqu’un dans la sienne.

L’on attire toujours à soi, son miroir. Ainsi si vous étiez en manque, vous attirerez la personne qui à la même blessure… Qui vous empêche d’être vous même ! Merci Lise Bourbeau.

Les fonctions sont le sauveur, béquille, la main qui nous extirpe du brouillard, la béquet de maman oiseau, l’admiration, la valorisation, le fusionnel !! Ce n’est donc pas de l’amour mais tout juste une relation éducative de « krinkation » comme nous en en parle Isabelle Padovani.

En générale, lors d’une rupture, la personne dépendante voudra garder contact avec son ex. C’est elle qui sera le plus en demande car elle sera toujours imprégnée mais aussi car cette personne ne veut pas être dépourvue de béquille. Jusqu’à ce que la prochaine béquille se présente toute neuve, plus sécurisante car présente lorsque la vibration du manque est haute.

Comment confirmer que vous aviez une fonction ? Avec le recul c’est simple. La manière dont s’exprime la personne en face de vous. Du jour au lendemain elle s’est affranchie du fait de se faire aimer par vous et d’une certaine manière affiche un visage plus en adéquation avec ce qu’elle est vraiment. Sans fioriture, sans flatterie, sans tous ces signaux inconscient pour vous dire aimes moi !

En conclusion cette forme de dépendance affective est lié à l’estime de soi.

La sémantique de la dépendance affective

« Tu es mon bonheur », « Que ferais-je sans toi ? » « Tu me remplis (vide ?)de joie » « Tu me manques ( ça fait deux jours que l’on se connait) »

Ce sont de belles phrases à entendre ,et cela nous touche forcément (nous sommes valorisés). Mais elle sont lourdes de sens et pesantes pour vous aussi.

Le dépendant affectif lèguera littéralement son bonheur dans vos mains.

Et voila que l’on arrive pas à être heureux seul, que l’on doit prendre en main le bonheur de l’autre.

Il vous sera tributaire, cela s’apparente souvent au fusionnel.

L’autre se sentira irrémédiablement un jour étouffé, l’enjeu étant trop grand. Le naturopathe que je suis se dira que ça dépendra de son énergie vitale…

Tout sauf de l’amour.

La sémantique est importante, car les mots que l’on choisit de manière automatique, sont une porte d’entrée de l’inconscient… De la vérité de soi.

En conclusion cette forme de dépendance affective est liée à l’inconscient. Et montre que la personne n’a pas encore accepté, ni intégré ses problématiques.

Relations miroirs

Le masque de la dépendance affective

« Le dépendant affectif n’a pas su s’affranchir de l’amour des autres pour savoir qui il/elle est ».

On croit se trouver dans le regard de l’autre et dans ses expériences.

Alors qu’en fait on porte le masque de l’autre, puis d’un autre, puis d’un autre …

A la fin on adoptera le masque qui nous va le mieux…

Le premier masque est fait d’argile de peur : celle de la solitude, de plâtre d’ego et d’orgueil et peint a la dépendance affective.

Jusqu’à ce que l’entourage prenne en charge, sculpte votre masque, décide implicitement du chemin que vous devez prendre.

Oubliez vos rêves, oubliez vous, et fondez vous dans le décor.

Vous devenez une marionnette.

Alors vous avez deux solutions:

Soit vous décidez de prendre les décisions nécessaires à la quête de vous-même.

Soit vous restez dans cette bulle confortable du pis-aller et du mensonge à soi.

Pour conclure cette forme de dépendance affective est lié à la blessure d’abandon

Il existe une forme de dépendance affective ou plutôt un signe morphologique de la dépendance nommé le pédomorphisme en lien avec la blessure d’abandon . Il consiste en la persistance des traits juvéniles à l’âge adulte. Caroline Rinaldi nous le décrit très bien dans son article, très intéressant. Je l’ai aussi remarqué dans ma vie personnelle ainsi que les attitudes qui lui sont adjointes.

Histoires qui se ressemblent.

Généralement, à chaque début de relation, les différents partenaires se ressemblent, par le physique, la dégaine, le train de vie mais plus particulièrement le rôle ou les qualités.

Généralement le mot gentil ressort, langage que l’on adresserai plutôt à un enfant. Et l’on énumère ses atouts comme pour justifier de son choix envers son entourage et envers soi même. Généralement l’amour, et non « l’élan amoureux », ne se justifie pas.

Je l’aime car il/elle est lui/elle tout simplement je ne serais dire pourquoi. je n’essaie pas de le/la modeler à mon image, je ne le/la juge pas.

Exemple culinaire (on se refait pas):

Vous aimiez la blanquette de veau mais cela fait plusieurs jours que vous ne mangez rien. On vous présente un poulet à la crème.

Vous n’aimez pas foncièrement ça, vous ne vous projetez pas, la blanquette reste dans votre esprit, mais ça a le mérite d’être là pour vous, de ressembler vaguement à la blanquette.

« Ce plat ou un autre, j’en ai marre d’être à la diète »

Guider par la faim, il s’enferme dans ce schéma, aveuglé par cette voracité, quitte à négliger tout le reste.

Au début vous comparez (preuve que vous n’êtes pas totalement présent à la relation), vous ne vous projetez pas réellement, ensuite c’est votre orgueil qui prend le relais. Eh oui la peur d’un autre échec vous tient, et l’on a peur de se dévoiler tel que l’on est.

Alors on apprend à aimer ou plutôt à s’attacher, dans le déni de soi.

Remarquez l’utilisation du mot « apprendre » dans ma phrase qui renvoie à la réflexion, et non à la dimension spirituelle de l’amour.

Ici « apprendre » c’est plutôt s’habituer, se contenter, un tour de passe-passe mental pour notre confort personnel.

Pour résumé quand on est dépendant affectif on attribuera le même rôle à tous ses partenaires.

Pour moi c’était la béquille, et une fois que mon rôle n’avait plus lieu d’être ou avait été substitué, je n’avais plus à exister aux yeux de l’autre, on sort totalement du plan quitte à être expulsé par la force des choses de la vie que l’on a construit.

La poussière que l’on planque sous le tapis en somme…

Pire, on considère tellement l’autre comme un objet (besoin de possession), qu’il puisse arriver à ce que l’on propose son ancienne béquille à d’autres…

Oui, oui ça peut aller jusque-là.

Croyez-vous aimer l’autre juste pour ce qu il vous apporte ? (fonction)

En gros est ce que votre monde intérieur est en rapport avec le sien ? Comme une évidence ? Comment le savoir si vous ne vous connaissez pas et que vous vivez une vie dans laquelle vous n’avez pas eu la place d’exister et de vous développer sans influence?

Pour conclure cette forme de dépendance affective est lié à la connaissance de soi.

L’influence des nouveaux parents:

« Relève-moi et dis-moi qui je suis »

Parfois en position de faiblesse, lorsque l’on perd nos repères, on se laisse prendre par la main.

Notre attention étant totalement occupée par le débordement de nos  émotions, notre enfant intérieur étant blessé, notre estime de soi en berne, nous nous infantilisons à la recherche d’un cocon confortable.

Alors, nous nous abandonnons aux personnes présentes, et alors on se reprogramme totalement selon leurs visions, et nous montrons qu’en faisant pareil on devient de bons enfants.

Vous pouvez de plus déléguer votre liberté de parole à vos nouveaux parents.

Vous êtes totalement pris en charge

Deuxième coup de massue à la destruction de vous-même.

Allons y gaiement pour le mimétisme, qu’importe si je m’écarte de moi, jusqu’à avoir la même relation que mes nouveaux parents.

Pour conclure cette forme de dépendance affective est liée à la confiance en soi.

Finalement ces formes de dépendances affectives si on sait les reconnaître peuvent être enrayées, lors de moment charnière comme la sortie du cocon familiale, les séparations.

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